L’entretien à l’ambassade et tutti quanti

Une fois votre DS-160 envoyée, vous recevez un message vous disant que vous pouvez maintenant vous inscrire pour le rendez-vous à l’ambassade sur le site dédié. Pour info, le message n’arrive pas dans la minute, ne restez pas à vous ronger les ongles devant l’écran, ça peut prendre quelques jours…

Bonne nouvelle : vous pouvez regrouper toutes les demandes et ne gérer qu’une seule prise de rendez-vous, même si, comme nous, vous avez fait plusieurs DS-160 non reliées.

Pour nous, la suite a été plus compliquée…

Tout d’abord, comme on vous le disait dans l’article sur la DS-160, après avoir créé votre compte en donnant toutes les informations nécessaires (identité, numéro de DS-160, adresse pour recevoir le visa…), il faut envoyer tout votre dossier dans un certain ordre à l’ambassade, avec toutes les pièces justificatives. Et attendre.

Lorsque votre dossier aura été reçu et vérifié, vous aurez accès à la section « paiement » du serveur. Pour le montant des frais, tout dépend de votre visa. Les infos sont .

Pour nous, les ennuis ont commencé avec le paiement. Le site refusait toutes nos cartes bleues. Il a donc fallu faire un virement. Pour cela, on vous envoie un mail, avec un RIB, et un numéro d’identifiant à mettre en objet de votre virement. Une fois le virement effectué, il faut attendre la confirmation de réception. 5 jours pour nous… On devait partir trois semaines plus tard. Stressomètre à 200.

Une fois le paiement accepté, la partie « prise de rendez-vous » se débloque et vous avez enfin accès au calendrier. Sauf qu’on ne pouvait RIEN sélectionner dans le calendrier. Serveur HS… Dans le cas où vous ne pouvez pas prendre rendez-vous en ligne, il faut appeler. Ce qu’on a fait. Réponse : le logiciel est le même pour le service par téléphone, on ne peut pas prendre de rendez-vous nous-mêmes, ils ne peuvent pas nous en donner non plus…

« est-ce que ça va se débloquer?

-oui.

-quand?

-je ne sais pas.

-rhaaaaaa »

Finalement, il a fallu une semaine de harcèlement en groupe (l’avocat américain de la compagnie, la DRH américaine, nous, tous les jours). Et le mardi après-midi, un appel de mon mari : « on a rendez-vous jeudi ». Il était temps, on partait 10 jours plus tard…

Jour J

Colin Senior avait été briefé quelques jours avant par l’avocat. Il fallait qu’il connaisse sur le bout des doigts sa fiche de poste (facile), l’adresse du siège en France (facile), celle du siège américain (moins facile), des bureaux de Miami, l’organigramme sur place et en France, bref, le dossier complet par coeur.

Nous voilà donc tous les trois dans le TGV, avec Senior en version « lycéen qui vient de se rendre compte que si-si le bac, c’est demain ».

Petit resto sympa à l’arrivée avec un copain qui nous accompagne ensuite à l’ambassade et récupère toutes nos affaires. Oui, l’avocat nous avait prévenu, suite aux attentats du 13 Novembre, l’ambassade ne nous laisserait pas entrer avec le moindre appareil électronique (téléphone, ordi, appareil photo, clé de voiture…). On avait donc mis le tout dans un sac à dos, confié à notre ami qui travaille à l’autre bout de Paris, en échange d’un post-it avec l’adresse de son bureau, un plan au dos de l’addition du resto, et la station de métro la plus proche. On se sent perdu.

Fouille sur le trottoir, sous une tente, avant même de rentrer.

« madame, y a quoi dans le gros sac à dos? »

-euh…. du lait en poudre, des biberons, les lingettes, des couches, de l’eau, et Captain Calmar. Pourquoi? »

L’agent signale à sa collègue qu’il faut vérifier la poussette. Un coup de Talkie, et un autre agent arrive avec un petit papier, le passe sur les poignées de la poussette, et sur une bonne partie du reste. C’est bon, la poussette n’est pas piégée.

Nous pouvons entrer dans l’ambassade. Ah non, il reste le portique de sécurité dans un pré-fabriqué quelques mètres plus loin. Et là! Stupeur! Il y a une consigne pour les téléphones et autres ordis… On s’est séparés de tout pour rien! Ouverture des sacs, vidage des poches, comme à l’aéroport. Oui, oui c’est bien du lait en poudre.

« Ok, Welcome to the USA. This way please ».

Finalement, à l’intérieur, ce n’est ni très grand, ni très impressionnant. Juste un bâtiment administratif avec des chaises inconfortables dans la salle d’attente, des cordons pour délimiter les files, des distributeurs et tout ce qu’il faut pour compléter votre dossier : ordi, imprimante, photomaton avec photo d’identité au bon format mais 10 fois moins chère que chez le photographe. Grrrrrr.

On nous invite à faire la queue une première fois pour vérifier notre dossier. Il y a 5 ou 6 personnes devant nous, mais elles font partie du même groupe. ça devrait aller vite. Après 5 minutes, notre tour arrive. C’est un français qui s’occupe de nous (ou s’il ne l’est pas, il joue très bien!). Vérification du dossier, des pièces, des passeports. Sa fille aînée est née dans la même petite maternité que mon mari, maternité qui est maintenant fermée. Donc ça papote, comme si de rien était, l’atmosphère est très détendue. On passe chacun notre tour pour scanner toutes nos empreintes digitales (sauf Mini Colin, les enfants de moins de 12 ans ne sont pas concernés). Tout est bon, notre dossier va être transmis à un autre employé qui nous appellera.

Nous partons pour la salle d’attente. Cette fois, il y a déjà une quinzaine de personnes. On sort les bouquins et on s’installe pour un bon bout de temps. J’en profite pour aller aux toilettes. Mais pendant que je m’extasie sur la « changing station » pour bébé super bien faite et absolument nickel avec lingettes désinfectantes et tout le tralala, il s’en passe des choses dans la file d’attente…

J’ai laissé un Mini Colin en pleine sieste qui ne sait même pas qu’il est sur le territoire américain, et un Colin Senior un peu plus détendu qui entame tranquillement son bouquin. Mais qui n’a pu lire que deux paragraphes avant d’entendre « Mr Colin, window 8! ». Pensée de mon Colin : « des Colins y en a plein, c’est pas moi on vient d’arriver. » Mais personne ne bouge dans la salle d’attente. « Mr Colin, window 8!! ». C’est peut-être nous finalement.

Je sors des toilettes et me retrouve nez à nez avec un Colin Senior en panique, toutes nos affaires dans les bras, tentant d’avancer avec la poussette de Mini Colin qui dort toujours aussi bien. « C’est à nous! »

Dans la panique, il n’était pas certain d’avoir entendu le bon numéro de guichet, on essaye donc un premier, puis un deuxième. « Mr Colin… Window 8…. »

Nous y voilà! Senior toujours très calme pose tous les documents, commence à déballer le discours préparé avec l’avocat, et ne s’arrête plus. L’employée le regarde, sourit et lui dit de se calmer. « on va commencer par se présenter, non? » (En Anglais dans le texte). Elle vérifie le dossier avec nous, nos noms, demande où nous partons, combien de temps, et demande à Colin Senior de décrire son futur job. Il se lance, elle pose quelques questions puisque ce n’est pas le métier dont on entend parler tous les jours et finalement lui dit « sounds boring! ». L’entretien continue, mais va se terminer rapidement.

Mini Colin se réveille, avec ses yeux de « Maman, c’est pas là que je me suis endormi, on est où???? ». Je le prends dans mes bras, l’employée le voit, et là, on a eu nos visas! « Oh my God! He’s so cuuuuuuute ». Grand sourire édenté en retour, et on repart sur des compliments et des exclamations et j’en passe. Les Américains sont fous des bébés (j’y reviendrai sûrement dans un autre article). L’entretien n’avait pas l’air d’être terminé et pourtant, elle attrape un tampon, imprime un gros « approved » sur notre dossier tout en continuant à nous dire que notre fils est « so cute, so beautiful », et c’est parti! Dans 4 jours, nous aurons nos passeports et nos visas!

On nous avait dit qu’on ressortirait de l’ambassade about de 20minutes minimum, 2h30 maximum. C’était 20min. Il ne nous restait plus qu’à faire du tourisme, traverser Paris pour récupérer nos affaires auprès de notre ami, en profiter pour prendre un verre avec d’autres amis, et retour à la maison.

Les passeports sont effectivement arrivés après 4 jours ouvrés. Il a fallu aller demander au centre de tri de la Poste si on pouvait nous les donner, grève oblige, mais Senior connaissait très bien l’employé au guichet.

Mardi, réception des passeports. Jeudi et vendredi, déménagements. Samedi, départ!! Pfiouuuuu le dernier mois n’a pas été très reposant!!

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