Un dimanche de Pâques à Virginia Key…

Que faire à Miami un dimanche de Printemps? Aller à la plage bien sûr! A l’origine, on partait plutôt pour un parc. Colin Senior était resté sur sa faim à Simpson Park, il voulait voir des bestioles et des fleurs. J’ai donc tapé quelque chose du genre « Miami Parks » dans la barre de recherche de notre ami Gougueule, et j’ai obtenu la liste des parcs du Comté de Miami-Dade. N’ayant rien préparé à l’avance, et vue l’heure déjà bien avancée, Virginia Key semblait être la destination parfaite (15 minutes depuis l’appart-hôtel, parking compris). Quelques recherches, et je trouve des photos d’un chemin très sympa, des infos sur des balades ornithologiques et beaucoup d’avis positif. Et puis je vois des photos de cette grande sculpture en sable qui a l’air assez jolie.

Allez hop! Mini Colin se réveille, c’est parti!

Comme pour beaucoup de parcs, l’entrée est payante (5$ en semaine, 8$ le weekend, par voiture). Mais quand on y réfléchit, en France il faut bien souvent payer le parking pour aller à la plage (et chercher une place pendant des heures, ici, les parkings sont gigantesques). Et puis c’est toujours très propre et bien entretenu.

Il y a du monde sur le parking, mais bon, on est dimanche, c’est pas si surprenant. Une fois descendus de la voiture par contre, on entend le monde… Oui, c’est là qu’une explication/comparaison avec la France s’impose. Chez nous, le dimanche de Pâques est souvent synonyme de chasse aux oeufs et repas de famille, suivis d’une bonne sieste dans le canapé de Mamie pour faire passer tout ça (fallait pas la prendre cette deuxième part de clafoutis). Ici, ou en tout cas sur Virginia Key, c’est aussi repas de famille, mais de façon un peu plus… bruyante. Et pas parce que, l’alcool aidant, on décide de laver le linge sale en famille au moment du trou Normand, ou parce qu’il faut se faire entendre de Papi qui n’a pas changé les piles de son sonotone. Non. Parce qu’on amène une sono de festival. Par famille. Et chacun son style. La zone de pique-nique et les premières plages sont bondées. A chaque fois, c’est la famille complète qui organise son pique-nique. Enfin plutôt son barbecue. Ici il y a des barbecues à disposition sur les plages (oui, c’est cool hein?!). Mais pas assez pour tout le monde. Donc pour certains c’est carrément le pick-up pour transporter : groupe électrogène, barbecue électrique, sono, glacière électrique de compet’ pouvant contenir autant que mon frigo, tables et chaises, et les jouets des gamins. Ca rappelle les Antilles, mais autant vous dire qu’on a abandonné l’idée de trouver une place dans le sable pour le goûter de Mini Colin. L’ambiance est plutôt sympa, mais visiblement, on ne se mélange quand même pas. La première partie de la plage est plutôt Latina, la deuxième Haïtienne/Afro.

Tout ça ne correspondait pas vraiment à l’idée qu’on s’était faite de notre balade, mais les 5 dollars d’entrée nous ont motivés à rester un peu et tenter malgré tout de découvrir un peu le parc. La vue depuis la plage est plutôt banale : on voit Key Biscayne en face, et le pont qui relie les deux îles sur la droite. Et s’il n’y avait pas le bruit des sonos, il y aurait celui des jet-skis… A l’entrée du parking on trouve un énorme château de sable (je vous détaille son histoire après). Il n’est plus aussi beau que sur les photos que l’on peut trouver un peu partout, parce qu’il sert de mur d’escalade improvisé aux gamins venus passer l’après-midi là. Allez! On l’aurait tous fait! Rappelez-vous quand vous aviez 6-7 ans, ça ne vous aurait pas éclaté d’escalader une Tour Eiffel de sable?

En poussant un peu plus loin, au bout du parking, on trouve un chemin qui mène plus loin dans le parc. Il faut quand même passer à côté des bennes à ordures. Pas très glamour tout ça… Après avoir croisé quelques vautours (oui, ils passent l’hiver à Miami, on dit qu’ils adorent les gratte-ciels), on est enfin au calme, dans la forêt. Par endroit, on longe de petites plages, beaucoup moins fréquentées que la première. C’est là qu’on s’installe pour le goûter de Mini Colin. La plage est grande, il n’y a qu’une dizaine de personnes, c’est parfait!Il faut quand même passer dans l’herbe et traverser un ruisseau pour s’installer. Moyen avec la poussette, mais faisable… à condition que Colin Senior prenne la poussette et moi Mini dans les bras. Et là, alors qu’on est bien installés, et même pas à la moitié de la dégustation de la compote maison, un ranger arrive en quad, et annonce au haut-parleur, en espagnol puis en anglais, que le parc ferme dans 45min, et qu’il va falloir y aller (pourtant le parc est censé être ouvert jusqu’au coucher du soleil). On a quand même pris le temps de faire prendre son premier bain de pied à un Mini Colin d’abord intrigué, et finalement pas rassuré du tout (pas une réussite cette journée!).

Après avoir quitté le parc, on a décidé d’aller voir du côté de Key Biscayne à quoi ça ressemblait (en plein Open de Miami, la bonne idée). Ca nous a permis de repérer l’entrée de Bill Baggs Cape Florida State Park, dont je vous parlerai bientôt.

Bilan de cette courte après-midi : ne pas aller à Virginia Key un dimanche de Pâques! Peut-être même pas un dimanche, tout court. Il y a des plages bien plus calmes, et bien plus belles, sans aller beaucoup plus loin.

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Notre grande plage. Attention, à marée haute elle est entièrement recouverte.

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Les deux photos ont été prises sans bouger nos fessiers, vous voyez à quel point le sable découvre à marée basse.

Virginia Key : deuxième essai!

Eh oui, l’écriture de cet article nous a donné l’idée de tenter une nouvelle visite, un vendredi matin. Et ça change tout! Cette fois, on était seuls, ou presque. On a préféré pousser directement jusqu’à la plage sur laquelle on avait pris le goûter la première fois, mais pas de chance : c’était marée haute… Donc pas de ruisseau pour le bain de pieds de Mini Colin. Tant pis, ce sera la plage, mais les vagues, ça ne passe toujours pas. Ce qui m’amène au petit souci de ce parc : la plage est très, très étroite à marée haute! N’oubliez donc pas de prendre en compte la marée : côté Golf du Mexique, c’est une trentaine  de centimètres, mais côté Atlantique, c’est jusqu’à 2mètres, alors forcément, il vaut mieux vérifier avant de partir.

Sur cette plage, quand on ne vient pas les jours fériés (hum…) on voit de tout (et cette fois je parle de la nature). Par endroit, c’est la mangrove qui vient jusqu’au bord ;  ailleurs, ce sont les hautes herbes comme on peut en voir sur Miami Beach ou Bill Baggs. Quand la plage est quasi-déserte, les oiseaux reviennent, pour le plus grand bonheur de Colin Senior. Et quand on y regarde de plus près, on peut voir les ravages de l’érosion et de la montée des eaux : plusieurs troncs d’arbres coupés au raz de l’eau montrent que la mer a grignoté une bonne dizaine de mètres de l’île. Il y a bien des brise-lames, mais qui n’ont visiblement pas été entretenus puisqu’ils sont au milieu de l’eau à marée haute.

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Les brise-lames ne servent plus qu’aux cormorans qui viennent se faire sécher au soleil.

Quelques cabanes colorées ont été installées en bord de plage. Une dernière était d’ailleurs en construction. Cela fait partie d’un projet de ré-aménagement de la plage et de préservation de son écosystème.

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Un peu d’infos touristiques, culturelles et écologiques

Oui parce que ce n’est pas juste une plage.

On trouve aussi des activités gratuites pour les enfants : une grande aire de jeux, un vieux carrousel avec vue mer, et un mini train qui fait un petit tour dans le parc et autour d’un étang où un panneau indique tout de même de se méfier des crocodiles…

On peut également louer un des « pavillons » pour un évènement. Il y a des bancs, des barbecues, et une piste de danse.

Un chemin/piste cyclable de 4 miles a été aménagé. Une prochaine visite nous dira si la  balade est sympa. Tout ce qu’on en connaît pour l’instant, ce sont les bennes à l’entrée, les 200 premiers mètres jusqu’à la plage que nous avions choisie, et les nombreux moustiques qui nous ont poussés à faire demi-tour.

Le château de sable à l’entrée du parc est, à ce jour, le plus haut du monde avec ses 13,97mètres. Il a été terminé le 27 octobre 2015 après 2 semaines de travail à partir de 1800 tonnes de sable importé tout spécialement. Le château a été commandé par Turkish Airlines pour l’ouverture de leur ligne vers Miami. Si le haut représente un château style « Belle au bois dormant », la base est faite de sculptures des monuments les plus connus au monde (La Tour Eiffel, Le Taj Mahal, Le Colisée, la Tour de Pise, la Statue de la Liberté…).

Le parc accueille également le Grassroots Festival en février : 4 jours d’ateliers yoga, de cuisine, d’improvisation, de chant, et des concerts jusqu’au soir, le tout dans une ambiance eco-friendly.  Je vous avoue que je ne connais pas un seul des groupes et artistes qui faisaient partie de la programmation de cette année… On trouve une playlist sur le site du festival. Ce sera l’occasion de faire des découvertes.

Depuis 2013, le parc a lancé une campagne de réaménagement et de préservation de son écosystème. En effet, on y trouve une espèce de tortue (la tortue gaufrée ou gopher tortoise) et une plante (inkberry), toutes les deux en dangers dans la région. C’est aussi une zone de « hammock maritime » : des zones boisées au milieu des marécages. Ces hammocks maritimes sont en dangers et rares en Floride puisqu’ils sont les premiers à être rasés en faveur de nouvelles constructions. Pour préserver cette zone, il a fallu arracher des plantes invasives sur une bande d’environ 900mètres de large, tout cela aidé par plus de 500 volontaires, dont l’équipe des Heat (l’équipe NBA locale pour les non-sportifs). Plus d’infos (en anglais) ici.

Et maintenant de l’histoire

A l’époque du développement des plages de la région dans les années 1920, la ségrégation empêchait les Noirs de profiter du sable blanc de la région. Une première plage fut aménagée pour eux sur Fisher Island par un millionnaire Afro-Américain. Malheureusement, le montant des taxes l’obligea à revendre l’île. Les Noirs de la région se replièrent sur une plage de l’île de Virginia Key, à l’époque accessible uniquement par bateau. La plage leur fut officiellement attribuée à la suite de manifestations à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Les soldats revenus d’Europe avaient un peu de mal à digérer qu’on leur interdisent les autres plages et qu’aucune ne leur soit attribuée alors qu’ils avaient tout de même participer à botter les fesses des nazis (on peut les comprendre). En 1947, Virginia Key et Key Biscayne furent reliées au continent par le Rickenbacker Causeway. Dans les années 50, les Cubains et Sud-Américains arrivèrent sur la plage. A l’époque, on trouvait déjà le train, le carrousel, les zones de pique-nique abritées et les barbecues.

En 1982, la plage fut fermée au public, pour des raisons de budget, l’entretien revenant trop cher à la ville. En 1999, une association milita pour la ré-ouverture du parc et contre des projets immobiliers. En 2002, le parc fut classé au registre national des lieux historiques.

La plage et le parc sont à nouveau ouverts depuis février 2008 et de nombreux projets de ré-aménagement et de protection sont mis en place.

Pour plus d’informations sur le parc c’est ici, et pour son histoire et quelques photos d’époque, c’est .

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2 réflexions sur “Un dimanche de Pâques à Virginia Key…

  1. Pingback: Bills Baggs Cape Florida State Park | les Colins à Miami

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