Bills Baggs Cape Florida State Park

Aaaaaah Bill Baggs! Voté unanimement parc préféré de la famille Colin à ce jour (enfin pas tout à fait, Pilou s’est abstenu). Une oasis de calme à l’extrémité sud de Key Biscayne, et à seulement 15 minutes du centre de Miami.On y oublie la ville, cachée par les arbres dont ne dépassent que les derniers étages des plus hauts immeubles de Brickell et encore), et on y rencontre la majorité des espèces animales de la région, en dehors des crocos et autres gators.

Pour y accéder, il faut emprunter le Rickenbacker Causeway, le seul pont reliant le continent à Virginia Key puis Key Biscayne, et certainement le point le plus haut de la région! On traverse d’abord Virginia Key avec ses plages le long de la route, son Seaquarium (dont vous ne m’entendrez pas dire de bien a priori), ses établissements d’enseignement spécialisés dans les études marines, et Virginia Key Beach Park, dont je vous ai déjà parlé ici. On passe ensuite sur la suite de Rickenbacker, pour arriver sur Key Biscayne. Là, on traverse d’abord  Crandon Park avec sa marina, son golf, mais surtout son « tennis center » où se joue l’Open de Miami. Puis, on arrive au village de Key Biscayne, zone résidentiel prise en sandwich entre Crandon Park et Bills Baggs, où les habitants font leurs courses en voiturette de golf. Vous aurez donc compris qu’en traversant le « village », on arrive à Bill Baggs Cape Florida State Park. Ca fait un peu expédition dit comme ça, mais en fait la route est très sympa (je suis particulièrement fan de la traversée de Crandon Park) et permets de voir Miami depuis la Baie sans pour autant louer un bateau (où devoir aller sur l’eau, pour ceux qui ont le mal de mer). Et puis c’est difficile de se perdre : c’est tout droit de Brickell Avenue jusqu’au parking du parc!

Encore une fois il faudra vous acquitter des droits d’entrée (8$ par voiture), ou prendre le pass annuel (120$, pour une voiture jusqu’à 8 personnes). Au passage : le pass annuel est au nom de son propriétaire, il faudra donc à chaque fois montrer le pass et une pièce d’identité (ils ne s’attardent pas vraiment dessus). Si vous n’êtes pas le porteur officiel du pass (c’est mon cas), il vous faudra montrer un feuillet rose pour rentrer. C’est en fait la preuve d’achat du pass qui permet à n’importe quel membre de la famille de rentrer sans le porteur du pass, uniquement dans le cas du pass famille, bien entendu. Pour l’avoir utilisé hier, je peux vous dire qu’à partir du moment où ils voient du rose, c’est bon! J’ai sorti ma petite feuille, et sans un regard pour savoir si le pass était encore bon, ni lecture de ma pièce d’identité pour vérifier mon appartenance à la famille du porteur, on m’a gratifiée d’un « go ahead » et d’un grand sourire.

Une fois passée l’entrée, deux options s’offrent à vous. Si vous êtes arrivés à l’heure du repas et que vous préférez l’option resto à l’option picnic, je vous conseille de prendre le premier chemin à droite, vers No Name Harbour. Au croisement vous trouverez un panneau vous indiquant le Boater’s Grill, un petit resto au bord de l’eau, dans une ambiance calme et très reposante. Selon la saison vous pouvez y voir les iguanes se balader tranquillement sur la pelouse devant le restaurant. Certains visiteurs arrivent par bateau (entendez par là yacht privé ou de location), parfois simplement pour se baigner dans le port. Revenons à la gastronomie : je vous conseille la paella et la key lime pie, mais tous les plats latinos ont l’air excellents. La sangria est bonne et la « lemonade »(citronnade en français) est parfaite! Je vous déconseille les burgers, un peu secs car sans sauce, ni fromage. Les prix, eux, sont très raisonnables : notre repas du midi date un peu, mais pour vous donner une idée, pour 3 citronnades et 2 key lime pie nous avons payé 18$ (hors tips, hein?). Petite précision, il n’y a pas d’ombre sur le parking… Si vous avez l’intention de passer le reste de la journée dans le parc, reprenez la voiture pour aller la garer à l’autre parking, ou allez directement à ce parking pour rejoindre No Name Harbour à pied.

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La deuxième option est donc de partir directement pour la plage, le phare et la promenade. Pour cela, à l’entrée, continuez tout droit jusqu’au parking. Le parking de gauche se situe le long de la plage, et se termine au début de la promenade du phare. Les places sont pratiquement toutes à l’ombre.

De ce côté du parc, vous trouverez les aménagements et commodités communs à tout State Park de bord de mer : barbecues, tables à pique-nique, pavillons abrités, douches, etc. Le tout inspecté régulièrement par les rangers, les écureuils et les ratons laveurs. Vous trouverez aussi le Lighthouse Café. Cette fois, pour le repas, c’est très basique : sandwichs, glaces à l’eau ou plats en fritures. Sur leur site, la carte semble s’être étoffée depuis notre dernière visite, il faudra vérifier. Quoi qu’il en soit, la terrasse est beaucoup plus grande que celle du Boater’s Grill, ce côté du parc beaucoup plus fréquenté, et donc l’ambiance bien moins calme et reposante. Nous ne l’avons testé que l’après-midi : j’avais terriblement envie d’une glace (ben oui, l’été à la plage, on mange des glaces, non?), mais quelle déception! En guise de glaces, ils n’avaient que des glaçons aux fruits (bon OK, avec des ingrédients naturels), alors que je rêvais d’une bonne glace italienne bien crémeuse. Flûte!

La plage, elle, est magnifique! Une grande étendue de sable blanc, loin de Miami Beach et de ses bars bruyants et bondés. L’eau n’est pas aussi belle que sur Beach, on arrive rapidement à un banc d’algue qui ne donne pas forcément envie de s’aventurer plus loin, mais ça laisse suffisamment de place pour profiter. On peut y louer transat et parasols à la journée (de mémoire, 10$ pour les transats, et 20$ pour les parasols), mais nous on préfère se pointer avec notre belle Quechua verte! Ça fait un abri à l’ombre pour Mini Colin, une cabine pour se changer, et un bon casse-tête pour Senior quand il faut la replier (je suis méchante, il commence à choper le coup de main). Donc si vous voyez une Quechua vert pomme sur Bill Baggs, avec un petit blond qui en sort en douce pour aller jouer avec le sable et s’en mettre partout, c’est très probablement nous, passez nous dire bonjour!

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Du bout de la plage, le phare blanc Cape Florida nous surveille. On y accède par deux côtés du parc : soit par le parking de la plage, en remontant une allée ombragée entre les palmiers ; soit par le côté Sud du parc, en passant sur une petite plage, et en passant devant l’ancienne maison du gardien, cachée au milieu des arbres. Des deux côtés, on peut voir la porte du phare au bout d’une allée de verdure. La maison du gardien ne se visite que du jeudi au lundi, à 10h et 13h. En théorie, les horaires sont les mêmes pour la visite du phare, mais on a souvent vu le phare ouvert en dehors de ces heures, simplement, il n’y a pas de visite guidée. Pour monter en haut du phare, il faut faire au moins 42 pouces, soit 1m06 et des brouettes. Un bébé ne sera autorisé qu’en porte-bébé, et pas dans les bras, par contre, le ranger qui reste à l’entrée vous gardera volontiers la poussette. Comme on ne vient jamais au bon moment pour la visite guidée, je ne peux pas vous en parler, et pour ce qui est du phare, on avait oublié le porte-bébé alors… Dans tous les cas, sachez que le phare et la maison du gardien sont dans un parc dont les horaires diffèrent de ceux de Bill Baggs : il n’est ouvert que de 9h à 17h (Bill Baggs, comme tous les State Parks est ouvert de 8h au coucher du soleil).

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C’est également du bout de la plage, et du phare, que partent les deux chemins de promenade. Les chemins sont parallèles, et sur toute la première partie, vous pouvez passer de l’un à l’autre aussi souvent que ça vous chante, puisqu’il y a à peine 2m entre les deux. Un des chemins est à l’ombre, sous les arbres, et rejoint No Name Harbour par l’arrière du Boater’s Grill. L’autre longe la mer, et est ponctué de plate-formes avançant au-dessus de l’eau et sur lesquelles les pêcheurs viennent s’installer pour la journée. Le chemin vous mènera jusqu’à l’entrée de No Name Harbour, le long du quai et vous fera arriver par la terrasse du Boater’s Grill. En prenant un chemin à l’aller et l’autre au retour, vous pourrez faire un semblant de boucle. La partie ombragée n’a pas d’autre intérêt que celui de vous rafraîchir un peu à l’abri du soleil, et d’observer les toiles d’araignées. Le chemin « côtier » par contre vous permettra de croiser un tel nombre d’iguanes et de varans que nous avons surnommé Bill Baggs « Jurassic Park ». Avec un peu de chance, vous pourrez aussi voir un dauphin ou un lamantin (aucune chance le weekend, trop de bateau passent par là à une vitesse qui ferait fuir n’importe quelle bestiole). Vous pourrez aussi observer au large les maisons sur pilotis de Stiltsville, ou Boca Chita Key et les premières îles (ou keys) de Biscayne National Park. Pour ça prévoyez quand même une paire de jumelles, ou de la monnaie pour l’appareil au bout du parking.

Deux « trails » (comprenez « chemin de randonnée ») ont été aménagés : un « nature trail » et un « historic trail ». Attention, « trails » est un bien grand mot. Ici, si le chemin n’est pas bétonné, ou couvert de graviers et bien large, c’est un trail. Généralement ils font entre 500 pieds et 2 miles (soit entre 150 mètres et 3 kilomètres). En plus c’est plat. Bref, pas la peine de chausser les crampons ou de préparer le sac spécial « rando à la journée ». On a quand même réussi à en prendre une partie avec une poussette canne tout ce qu’il y a de plus basique. Et puis, ce sont surtout deux chemins dans la forêt. Et c’est à peu près tout. Je veux bien comprendre le but du « historic trail », qui a peut-être pour but de vous faire vivre la fuite des esclaves qui tentaient de s’échapper par là (je vous en parle plus loin), mais plus que dans la peau d’un esclave, vous allez surtout vous mettre dans la peau d’une proie, celle des moustiques…

Dernier conseil avant de vous parler histoire : si vous voulez être au calme, évitez le weekend, parce que sans ressembler à Virginia Key un dimanche de Pâques, ça reste bruyant.

Un peu d’histoire maintenant…

Bon « un peu », non. L’histoire du site est assez chargée, surtout qu’il faut rentrer dans des chapitres de l’histoire des USA dont on entend rarement parler en Europe. J’ai du beaucoup me documenter, et j’avoue que ça m’a permis de me rendre compte que Miami a une histoire, très riche, et pas juste des plages blingbling. Et ça fait du bien. Je commence même à me passionner pour l’histoire de la région.

L’endroit a d’abord été découvert en 1513 par Ponce de Leon, et qui a appelé l’endroit « Cape of Florida » (devenu le nom du phare). Pour ceux qui ne connaissent pas (ou ont oublié), Ponce de Leon n’est pas juste une des artères principales du quartier de Coral Gables. C’est surtout un conquistador à l’origine de la légende de la Fontaine de Jouvence, et celui a qui la Floride doit son nom.

Pendant la période esclavagiste, la pointe de Key Biscayne était le point de départ secret des esclaves et Séminoles Noirs en fuite vers les Bahamas, ce qui fait du lieu un des sites du « National Underground Railroad Network to Freedom », un réseau de routes et de refuges clandestins permettant d’atteindre des régions « libres » (d’où, peut-être le « history trail » du parc). On peut aujourd’hui suivre une partie de ce réseau grâce à des sites et musées retraçant ces « routes ». Le terme de « railroad » vient du vocabulaire, emprunté au monde du chemin de fer, employé par ceux qui faisaient vivre ce réseau.

La construction du phare en 1825 a, malheureusement, quelque peu compromis les rêves de libertés des esclaves et Séminoles.

Mais c’est quoi un « Séminole » ?

Ayant eu des cours sur l’histoire des USA, et sur la culture Amérindienne à la fac, je me souvenais que c’était une tribu locale. Mais comme tout le monde n’a pas fait une fac d’Anglais, on va faire un petit point culture (j’en avais besoin aussi, parce que là, il fallait en connaître un peu plus sur la fameuse tribu).

Pour la faire courte (parce qu’on est pas en cours magistral non plus) : à l’arrivée des conquistadores, plusieurs tribus du même groupe linguistique vivaient en Floride. Après l’arrivée des Européens, la population chuta de façon impressionnante, pour les raisons qu’on connaît, communes à tous les peuples ayant croisé le chemin des Européens à l’époque.  Plus tard, dans les territoires américains cette fois, l’avancée des descendants de ces mêmes européens, et les horreurs qui allaient avec, poussèrent les survivants de plusieurs tribus à se réfugier chez leurs cousins de Floride. Les Espagnoles les surnommèrent les « cimarrones », ou « hommes libres », l’équivalent des « marrons » en français (nom des esclaves en fuite et cachés dans les forêts). Le nom évolua ensuite pour devenir « Séminole ».

Pendant la domination espagnole, les esclaves fuyants les USA se réfugièrent en Floride, et rejoignirent les Séminoles, devenant ainsi les « Black Séminoles », ou « Séminoles Noirs ».

Ces Séminoles se sont, bien sur, défendus face aux Européens, ce qui donna lieu à 3 « Guerres Séminoles ».

Mais revenons à Bill Baggs, et arrêtons-nous sur la 2ème Guerre Séminoles, qui dura tout de même 7 ans, de 1835 à 1842. Cette guerre eut lieu suite à l’acquisition de la Floride par les USA. Les Américains espéraient déporter les Séminoles et les enfermer dans une réserve, bien loin de leur région d’origine. Forcément, les Séminoles n’étaient pas trop chauds, et déclarèrent la guerre aux Américains. Pour l’occasion, ils inventèrent le mode guerrilla. Il faut dire qu’ils connaissaient plutôt bien la forêt, vivaient avec la faune locale à l’année, et savaient bien où attaquer, et où se planquer après.

C’est à l’occasion de cette 2ème Guerre Séminole que le phare de Cape Florida, construit une dizaine d’année plus tôt, fut détruit. C’est donc le deuxième phare, construit en 1846 à l’emplacement du premier, que l’on peut visiter aujourd’hui. Même si ce n’est plus celui d’origine, il n’en reste pas moins le plus vieux bâtiment du comté.

La pointe de Key Biscayne deviendra un State Park en 1967. Son nom « Bill Baggs Cape of Florida » vient du nom d’un rédacteur en chef du Miami News, militant des droits civiques et fervent défenseur de l’île.

En 1992, lors du passage de l’ouragan Andrew (catégorie 5 quand même…), le « mur de l’oeil », c’est-à-dire la partie la plus violente de l’ouragan, est passé sur Bill Baggs, faisant pas mal de dégâts. Mais le côté positif, c’est que la végétation envahissante et « non native » a enfin disparu, et des subventions ont permis de replanter des espèces locales. On peut donc voir la nature des keys telle qu’elle était il y a bien longtemps.

 

EDIT : Aujourd’hui, à l’occasion d’une balade avec ma copine Smadjita, nous avons déjeuné au Boater’s Grill. Je lui avais promis un petit restau sans prétention mais sympa. Nous avons pris chacune une Caesar Salad, elle aux crevettes et moi au poulet. Pourquoi préciser « au poulet » me direz vous. Et bien parce qu’il existe apparemment  une Caesar Salad nature. Lorsque nos assiettes sont arrivées, nous nous sommes retrouvées face à beaucoup de salade, 5 ou 6 croûtons, et 3-4 crevettes pour elle, 3-4 morceaux de poulet pour moi. La sauce n’était pas au parmesan, une simple vinaigrette toute prête. Un pot de parmesan déposé sur la table nous a permis d’avoir au moins le goût du fromage. La salade n’était franchement pas fraîche (heureusement le reste l’était). Bref, moi qui vous recommandais le Boater’s Grill au début de mon article, je change d’avis. A l’occasion je testerai le Lighthouse Café, peut-être que par un système de vase communiquant il s’est amélioré. Sinon, je chercherai autre chose à l’extérieur du parc…

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3 réflexions sur “Bills Baggs Cape Florida State Park

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