Outside Hurricane Matthew

Je ne sais pas pourquoi, en m’installant dans mon appart vue mer (enfin vue baie, j’ai quand même les îles en face), j’ai pensé aux ouragans, et je me suis dit « on va en prendre un dès la première année… » Bingo! 5 mois plus tard, voilà Matthew qui débarque… Comment on se prépare? Comment on vit la pression du premier ouragan (catégorie 4, quand même)? Et comment on en fait une excuse pour faire du tourisme ? On vous raconte ça!

A cause du boulot de Senior (ou grâce à lui? c’est une question de point de vue), on a la météo de façon très précise et en direct. Ce n’était pas la première fois que j’entendais « je surveille une cellule bien moche qui pourrait devenir un ouragan, je te dirai ». J’ai même eu droit à un « il nous faudra peut-être un hôtel pour s’éloigner un peu dans une dizaine de jours ». Et puis finalement, rien. Jusqu’à Matthew… ça avait commencé de la même façon « y a un ouragan qui se forme, je te tiens au courant ». Et puis finalement le lundi matin : « l’ouragan vient sur nous! »

J-3 avant impact

Ce genre d’annonce, dès le réveil, ça met l’ambiance! Surtout quand on voit la taille de la bestiole sur les cartes météos… Le souci avec Matthew, c’est qu’il était un peu imprévisible. On savait qu’il était gros, mais on ne savait pas où il allait, jusqu’au dernier moment, ou presque. On est donc passés du « non mais c’est pas pour nous » au « réserve un hôtel et sort la check-list » à 8h30 un lundi matin. De quoi s’étouffer avec ses tartines. A ce moment là, la limite du cône de l’ouragan passait sur le pont de Brickell Key, donc au bout de la rue.

Nous voilà donc à chercher un hôtel sur la côte ouest de la Floride. Avec deux problèmes : 1, on n’est pas les seuls à avoir cette idée ; 2, il nous faut un hôtel qui accepte les chats… Les hôtels précisent rarement sur leur page d’accueil s’ils acceptent les animaux, il faut donc fouiller un peu. Pour préparer des vacances, on a le temps, on fait ça de façon détendue, si ça prend deux jours, ça prend deux jours. Mais là, il faut trouver un hôtel à un tarif raisonnable, fouiller sur le site pour avoir l’info, faire une réservation qui n’aboutit pas parce que l’hôtel a loué sa dernière chambre entre temps, le tout dans la perspective d’un ouragan catégorie 4 qui doit arriver dans 3 jours… On a donc essayé de mettre dans les options de recherche sur tripadvisor « pet friendly ». Mais là, plus d’hôtel à moins de $300. On est donc passés par « bringfido.com » un site américain qui référence les hôtels « pet friendly ». Mais le site ne donne pas toujours les liens vers les sites des hôtels et les infos ne sont pas toujours à jour… Dans la panique et la précipitation, je réserve donc la première chambre à moins de 3chiffres que je puisse trouver. Nous irons au Red Roof Inn à North Fort Myers. Je prends quand même une deluxe (donc avec micro-ondes et frigo), avec un lit king size. Le lit king size est indispensable en voyage : le chat finit toujours la nuit avec nous, et Mini fait souvent le début, il y a toujours un moment où on est 4…

L’hôtel c’est fait, on passe à la suite : le plein de la voiture et les courses. Pour les courses, on a la check-list. Senior file faire le plein de la voiture avant d’aller au boulot, je ferai les courses dans la journée, après la sieste de Mini. Erreur! En passant devant Publix pour aller à la station, Senior voit le parking plein, et des dizaines de personnes qui ressortent avec des packs d’eau… Il décide donc de faire les courses tout de suite, quitte à arriver un peu en retard. et il a bien fait! Voilà le rayon eau :

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Et voilà le caddie, trois fois rien… :

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La voiture est dans le parking, les courses sont dedans, le plein est fait. Il reste à préparer le reste : faire les sacs, mettre à l’abri ce qui doit l’être, cuire un maximum de ce qui est au frigo, parce que manger froid ça va, mais manger cru, c’est moins fun (surtout le rôti de porc).

C’est parti! Je fais un maximum de pots pour Mini, j’imprime la check-list, je suis à fond! Je ne tiens plus en place, je commence tout, je ne finis rien, je tourne en rond, bref! Je ne sers à rien! Ma check-list m’aide à me poser un peu… et à voir que de toutes façons, il me reste 3 jours. Cuisiner finit par me calmer, Matthew me paraît bien loin, je remets le reste au lendemain.

Juste quelques courses le soir au CVS. C’est totalement irréel : certaines personnes font le plein de Gatorade, d’autres d’eau, d’autres encore de chips. Mais on voit aussi des gens se choisirent du shampooing ou un nouveau rouge à lèvres, comme lors d’une journée normale! Il n’y a plus d’eau, plus de pain. Je décide que moi aussi j’ai besoin de penser à autre chose, et en plus des réserves de coton bébé et de Tylenol (de doliprane), je me prends un nouveau vernis!

J-2 avant impact

Réveil. On vérifie les cartes météos. A priori, on a des chances d’avoir pris l’hôtel pour rien. Matthew est parti légèrement à l’Est, et devrait nous frôler, mais ne passera pas sur nous. On est en Alerte Tempête Tropicale : ça veut juste dire beaucoup de vent et de pluie, mais sans plus. Je regarde quand même les infos de temps en temps au cas où, et je continue à cuisiner. Faire des cookies, ça détend :

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Oui, il faut quand même essayer de se détendre, parce que le souci avec Matthew, ce n’est pas seulement qu’il passe de catégorie 4 à 3 et re 4, c’est qu’il n’a toujours pas de trajectoire claire. Les calculs sont toujours approximatifs, on ne sait pas si les prévisions sont bonnes, et ça peut changer au tout dernier moment.

Il ne nous reste que quelques heures pour décider si on annule l’hôtel ou pas. Difficile de se décider 48h à l’avance, surtout quand même les météorologues ne savent pas trop ce que ça va donner.

A la moitié de la journée, l’annonce du Gouverneur passe en boucle sur la chaîne météo. Mot d’ordre : barrez vous! Dehors, je vois les ouvriers des chantiers de chaque côté de notre immeuble qui démontent tous les échafaudages, renforcent les protections et mettent tout le matériel à l’intérieur. Pas très rassurant tout ça.

On nous ajoute l’annonce de la Gouverneur de Caroline du Sud qui évacue toute la population de la côté sur une bande de 100 miles!

Le comté de Miami-Dade est en alerte Tempête Tropicale, Broward (juste au-dessus) également, mais West Palm (au-dessus de Broward) est en Alerte Ouragan. Et puis finalement, après le dernier bulletin, la côte du comté de Broward passe en Ouragan. Mais en plein milieu d’une nouvelle interview du gouverneur, on voit le comté de Broward passer entièrement en orange : tout le comté est en alerte, Matthew doit faire un « landfall » à Fort Lauderdale. C’es-à-dire qu’il est censé toucher terre à 30min de route de chez nous. ça fait pas loin… Surtout qu’on parle de l’oeil, mais les vents les plus forts sont ressentis dans un rayon de 45 miles autour de l’oeil… On est à 35 miles de Fort Lauderdale…

On décide de garder la chambre d’hôtel. Elle n’est pas bien chère, donc si c’est nécessaire on part, si c’est plus sur de ne pas être sur les routes, ou qu’on nous dit tout simplement que Miami ne risque plus rien, on reste tranquilles à la maison.

En attendant, avec la chaîne météo qui passe les images en boucle, répète que tout peut encore changer pour le mieux comme pour le pire, et les déclarations du gouverneur, je suis à cran! J’attrape Mini, je le mets dans sa poussette, on va se dégourdir un peu les jambes.

J-1 avant impact

Toujours rien de certain au réveil. Pourtant, le démontage des échafaudages est toujours en cours, le parking en face de chez nous est aussi vide qu’un dimanche, on reçoit un message pour décaler le rendez-vous de visite de la peut-être future crèche, toute la ville se prépare.

A midi, le mobilier de la piscine est rentrée, on reçoit un mail, l’accès est fermé jusqu’à vendredi (ou plus si besoin), on nous demande de rentrer tout ce qui est sur les balcons (plantes, meubles, antennes satellites…). En partant travailler, Senior a croisé l’équipe de maintenance de l’immeuble qui testait les groupes électrogènes. A l’accueil, M, notre Haïtienne préférée, a eu des nouvelles de sa famille. Tout va bien, ils étaient de l’autre côté de l’île.

C’est maintenant West Palm Beach qui doit être la plus touchée, c’est un peu plus au nord, mais ça reste proche de nous.

C’est décidé, on prépare les affaires, on partira à 6h du matin, avant que le vent n’arrive. Il faut faire les sacs, et tout mettre à l’abri. Senior m’a donné un coup de main avant de partir travailler : la déco de notre chambre est répartie dans les salles de bains et les placards les plus éloignés des fenêtres. Les albums photos sont bien emballés, les livres auxquels on tient le plus aussi. On a déplacé l’écran photo, la hi-fi, tout ce qui a de la valeur. La chambre a l’air aussi vide que le jour de notre emménagement. Je vais devoir continuer avec le salon, et la chambre de Mini, faire les valises, préparer le kit de survie (réchaud à gaz, vaisselle jetable…).

Je commence par envoyer un mail à toute la famille, on ne sait jamais, si on a du mal à les joindre, tout le monde a maintenant le mail et le numéro de téléphone de tout le monde.

Je suis ma check-list, ça me canalise. Je ne sais pas ce qui sera vraiment nécessaire, alors je me suis basée sur les listes proposées par le consulat, et par les sites gouvernementaux. Je fais donc une trousse de 1er secours avec des pansements, de la crème antibiotique, des bandes, des compresses… Je prends des vêtements pour 5 jours, même si on ne part que 2. Je prends de quoi nous occuper une semaine. et puis je continue à cuisiner tout ce que je peux. Tous les pots de Mini sont remplis, j’ai de quoi le nourrir une semaine avec du fait maison, et une deuxième semaine avec de l’industriel bio.

J’appelle l’hôtel, je veux être certaine que leur bâtiment est assez solide si Matthew dévie encore et nous suit de l’autre côté. On me répond qu’il n’y a aucune raison qu’on ait besoin d’évacuer. Ce n’est pas ce que je voulais savoir, mais je n’aurai pas d’autre réponse.

Il y a du boulot, mais heureusement Mini fait deux grosses siestes, et me permet de bien avancer.

A 18h, il tourne en rond, et moi je craque. J’ai passé la journée à faire la valise, déplacer tout ce qui a une valeur sentimentale, ou ce qui n’est pas facilement remplaçable. J’ai à peine mangé, l’impression d’avoir déménagé, je suis vidée. J’enfile des fringues mettables à tout le monde, je sors la poussette, on va prendre l’air et chercher Senior au boulot. ça fait longtemps qu’il est pratiquement seul dans les bureaux, c’est lui qui a donné les infos au patron pour prendre la décision de fermer plus tôt, mais il part en dernier…

Je passe à l’accueil, au lieu de l’habituel « how you doing? », B demande « are your prepared? ». Je lui explique qu’on part, par sécurité. Elle me dit que beaucoup de gens vont faire la même chose. J’espère qu’il n’y aura pas trop de monde sur les routes.

J’avais prévu mes écouteurs pour me mettre un peu de musique sur le chemin (je ne fais jamais ça avec Mini dans la poussette), mais finalement, comme les deux jours précédents, je suis sur instagram et whatsapp avec les copines. On a toute la trouille, les gens se préparent, la pression monte, c’est la guerre. On se demande toutes quoi faire, je ne suis toujours pas sur de vouloir partir. S ne veut pas me savoir sur la route, peut-être bloquée dans les bouchons au moment de l’arrivée de Matthew. N se demande si elle ne va pas partir aussi. M est peut-être la plus zen, tout est prêt ou presque au boulot, elle va rentrer se planquer et attendre.

Sur la route, quelques personnes sortent leur chien, mais la promenade, d’habitude très vivante, est vide. A la terrasse du bar du Mark, le mobilier est toujours en place, mais les serveurs s’ennuient, il n’y pas de clients. Aucun embouteillages. L’ambiance est bizarre.

Je retrouve Senior en terrasse d’un bar de Downtown. Les portes sont fermées, il ne reste que les tabourets de bar, tout est à l’abri. Le temps de finir son verre, et on passe chez Whole Foods. Je n’ai pas trouvé de pain, et je veux prendre quelques derniers smoothies pour Mini, s’il en reste.

C’est la cohue dans les rayons. Il n’y a plus d’eau, plus de lait en brique, plus de chips (!!!), presque plus de biscuits, et le rayon bébé a été dévasté. Je prends les 3 derniers smoothies, 2 paquets de biscuits, du pain (bizarrement il en reste beaucoup). Senior prend un truc tout  prêt pour le soir. Les files aux caisses sont interminables! Mon identité française prend le dessus : je vais chercher du vin pendant que les hommes font la queue. On ne sera pas chez nous, on va manger des boîtes, mais on aura du Riesling!

Retour à la maison. Il faut encore boucler les sacs et charger la voiture. On finit de mettre les peluches et autre joujoux à l’abri, on prend les préférés, et hop! Au lit Mini. Pour nous, avec le chargement, les derniers checks et tout le tralala, au lit, c’était à 23h30. Pour départ 6h.

Minuit et demi. 1h30. Je ne dors pas. Une alerte météo arrive sur le téléphone de Senior. Je la lit. Elle est assez effrayante. Et surtout elle dit de partir maintenant pour ne pas être sur les routes le lendemain matin et avoir le temps de se mettre à l’abri. Je flippe, je réveille Senior. Il vérifie toutes ses cartes. J’ai lu les alertes pour West Palm Beach… On peut toujours partir le lendemain matin sans risque.

Jour J. Impact?

Senior me réveille à 6h, et m’en veut un peu. Dans la panique de la nuit, j’ai avancé son réveil d’une demi-heure…

Je suis plus calme qu’hier soir, mais quand même, j’ai la pression. Il reste à préparer les glacières, sortir les pots de Mini du congélo, charger la valise dans la voiture, mettre à l’abri les appareils de cuisine.

Mini se réveille comme une fleur à 7h. Ça tombe bien, on est prêts. Un biberon, tout le monde en voiture, c’est parti!

Senior a peur qu’il y ait quelques embouteillages pour sortir de Miami, « c’est l’heure des bouchons ». La ville est vide. Il y a bien quelques voitures, mais on a l’autoroute pour nous, ou presque.

Pour partir vers la côte ouest de la Floride, il faut d’abord partir vers le Nord, vers la zone qui risque d’être la plus touchée, pour ensuite prendre à gauche et droit vers l’ouest. On a le choix entre deux routes : une qui longe la côte, et une deuxième qui passe par l’intérieur des terres. Pas fous, on prend la deuxième.

On est crevés, mais graduellement, on se détend. Surtout que la carte météo reçue 30minutes après le départ nous dit que Miami ne risque plus que des inondations.

Deux bonnes heures plus tard, nous voilà à Naples. Tout est ouvert, il y a des bouchons, c’est un jeudi matin comme les autres. On est pris dans cette ambiance normale, et il plane un petit air de vacances dans la voiture.

Naples!

On avait déjà fait une toute petite partie de Naples pendant l’été (je vous ferai un article bientôt, promis!), mais on n’avait pas eu l’occasion d’aller au Pier. On traverse donc la ville jusqu’à Gulf Shore Boulevard, qu’on suit pour descendre jusqu’au Pier. On connaissait la partie Nord de ce boulevard, mais la partie Sud est dans le même ton : bordée d’énormes et magnifiques villas, dont celles de droites donnent directement sur la plage.

Nous voilà au Pier! On ne s’y accorde qu’une petite demi-heure, il nous reste un peu de route pour aller à l’hôtel, et on voudrait passer par les petites routes touristiques plutôt que l’autoroute.

Je l’imaginais plus grand, plus long. J’avais du gardé en tête celui de Santa Monica, et forcément, c’est différent. Celui-ci est petit, calme. A la moitié, on trouve deux petites « cabanes » dont l’une où on peut acheter à boire, à grignoter, et des T-shirts souvenirs. Les pêcheurs se sont installés au bout du pier, et attendent tranquillement que ça morde, sous l’oeil des pélicans.

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Au passage, en parlant de pêcheurs, c’est la première fois que je vois ça :

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Tout ce qu’il faut pour laver et vider les poissons sur place avant de les ramener à la maison. Plus d’excuses pour faire un carnage dans la cuisine les gars, en plus vous faites plaisir à votre femme, et aux pélicans!

La plage au pied du Pier est très sympa aussi. Les plus chanceux y ont accès depuis le jardin…

C’est pas tout ça, mais il faut penser à manger, et à se rapprocher de l’hôtel. On remonte donc vers Fort Myers Beach, par la côte.

Bonita Beach et Fort Myers Beach!

On savait qu’on serait probablement suffisamment à l’abri de Matthew pour avoir l’occasion de faire du tourisme, et surtout on savait qu’on n’aurait pas envie de manger nos boîtes de conserve dans une chambre d’hôtel pendant 2 jours. Alors, pas fous, on avait emmené notre Routard Floride! Le temps de repérer un petit resto sympa, et nous voilà partis.

Comme je vous le disais, on est passés par la côte, c’était plus sympa, et plus rapide. Ce qui me pousse à vous conseiller de faire un tour sur Hickory Boulevard le long de Bonita Beach. Le côté mer est bordé de villas pleine de charmes, et les habitants se sont visiblement lancés un défi sur les boîtes aux lettres, qui sont toutes plus originales les unes que les autres. N’étant pas du bon côté de la route, je n’ai pas pu vous faire de photo (mea culpa), mais j’ai bien l’intention de refaire ça en vélo (oui, oui, en vélo, je l’ai dit), pour pouvoir admirer tranquillement le paysage.

Au bout du boulevard, on traverse Lovers Key State Park, en passant sur un pont qui donne une vue splendide sur Estero Bay (à refaire aussi!).

On arrive enfin à Fort Myers Beach. Vue de la route, ça fait très « station balnéaire pour étudiants », c’est coloré, fun, mais sans être bling bling, et ça change vraiment de Miami Beach!

Nous voilà à un nouveau et dernier pont, sous lequel on trouve notre bar-restau : Doc Ford’s Rum Bar and Grille. Ceux qui me connaissent depuis longtemps savent qu’il y a là tous les ingrédients pour me faire venir : du rhum, des bons plats pas chers, et une vue sur la marina!

Le mojito est excellent, et servi de façon originale dans un pot en verre en mode « conserve de grand-mère ». Les plats sont copieux et excellents (je recommande la Tropical Salad, divine). Le personnel est très prévenant : j’ai demandé ma salade sans noix de pécans en précisant que je suis allergique, ils ont vérifié le dessert sans même que j’ai à demander! Attention, aux desserts d’ailleurs, ils sont énoooormes! Senior avait pris un brownie, il y avait 2 parts, 3 boules de glaces et de la chantilly… Pour moi c’était le banana bread pudding, dégoulinant de chocolat, et servi chaud… A se damner!! Vous remarquerez vite quand je vous parlerai restau que je ne prends jamais de photo des desserts… C’est que quand j’y pense, ils sont déjà terminés. Le dessert c’est sacré! Si on y retourne, promis j’essaye de faire un effort et de prendre la photo avant d’attaquer! Au moins, vous savez que s’il n’y a pas de photo, c’est que c’était trop bon!

Retour à la réalité…

Allez, c’était super bon, on s’est bien fait plaisir, mais maintenant, il s’agirait d’aller à l’hôtel décharger un peu la voiture.

On repart donc pour une demi-heure de route direction le Red Roof Inn de North Fort Myers. Et là, c’est le drame… Les photos laissaient penser qu’il s’agissait d’un petit hôtel sans prétention au bord de l’eau avec une petite piscine sympa. En fait, une toute petite partie des chambres de 2 des 4 ou 5 bâtiments donnent sur l’eau, les autres donnent au mieux sur les parkings, au pire sur la deux fois trois voies… Allez, on a réservé une deluxe quand même!

Senior me lâche devant la réception. Un autre client arrive en même temps que moi, on est accueillis par un « if you’re looking for a room we have no vacancy! ». Ok, plus de chambre, m’en fiche, j’ai réservé. L’ambiance est, disons, particulière et lourde. Tout le monde est pressé d’avoir sa chambre, mais les femmes de ménage n’ont pas fini, la distribution se fait au compte goutte. Les autres clients ont fait plus de route que nous, ils arrivent de West Palm Beach, la région qui doit subir le « landfall » de Matthew… Une femme enceinte est dans un fauteuil, à deux doigts de tomber dans les pommes parce qu’elle s’inquiète pour sa maison. Une famille a visiblement sorti la grand-mère de la maison de retraite pour l’emmener à l’abri, c’est leur deuxième évacuation, la dernière génération était sur le point de naître la première fois, cette fois elle va faire son anniversaire dans un hôtel miteux. Un homme a dormi dans sa voiture la veille parce qu’il n’y avait plus de chambre nulle part, il va enfin dormir dans un vrai lit. Tout ce petit monde oscille entre peur de l’ouragan, de la perte de sa maison, de la probabilité de ne pas rentrer dans 2 jours, et soulagement d’être arrivés à l’abri. On me demande d’où j’arrive, j’ai un peu honte de dire que je viens de Miami, qui a très peu de chances d’avoir plus qu’une bonne tempête. J’explique que je viens d’arriver en Floride, c’est mon premier ouragan, avec un chat et un bébé… Tout le monde me dit que j’ai bien fait de fuir, qu’on ne sait jamais avec ces trucs là. N’empêche, j’ai l’impression d’avoir pris la chambre de quelqu’un qui pourrait en avoir plus besoin que nous.

Ca y est, c’est mon tour! L’employé est moitié Américain moitié Ecossais, j’en profite pour lui demander où je peux trouver du haggis dans ce foutu pays! Il me dit qu’on en trouve pas mais que sa femme a une recette de haggis vegan qui compense bien. J’ai envie de lui  dire WTF… Du haggis c’est au mouton! T’es Ecossais et y a pas de mouton dans ton haggis? Non mais allo quoi!

Hum. Bref. Donc on a notre chambre, on peut aller s’installer. On donne sur la route… La porte ferme à peine (et Mini sait ouvrir les portes depuis 2 jours) ;  ça sent la cigarette alors qu’on a demandé une chambre non fumeur ;  la moquette a été verte, de même qu’avant de marcher pieds nus dessus on avait les pieds propres ;  il n’y a qu’un double rideau, pas de voilage, et on est face à l’escalier, donc soit tout le monde nous voit, soit on vit dans le noir… J’ai réservé un king size, mais par un hasard de leur site internet, quand on clique sur king size, on réserve un full (120cm)… Ca va être chouette… On se dépêche d’installer tout le monde, de décharger la voiture et après une rapide sieste, on s’enfuit!

Le parc le plus proche est Manatee Park. C’est tout petit, et en face d’une centrale électrique, mais c’est gratuit et encore ouvert (il est 18h), alors ça fera l’affaire. On traverse North Fort Myers : des motels encore plus miteux que le nôtre, des gun shops, des Goodwills (sorte d’Emmaus), ça change du bling bling de Miami et des voitures de luxe de notre quartier…

Le parc est encore plus petit que ce qu’on croyait. Il y a une petite aire de jeux, mais, j’ai oublié de préciser, il  a plu des cordes à peine une heure avant, alors c’est moyen pour le toboggan. Ca n’a pas l’air de gêner Mini. On marche ensuite sur 300m pour rejoindre le canal dans lequel, d’après les photos le long de la promenade, les lamantins se donnent rendez-vous par dizaines…. à la bonne saison… Pour l’heure, même pas un canard… Pour autant, le parc est très bien fait : beaucoup de panneaux très instructifs, des quizz avec tout ce qu’il faut pour écrire, une zone de « conférence » avec des bancs sous l’ombre d’un magnifique chêne (enfin là c’est plutôt à l’abri de la pluie que du soleil). A défaut de voir des lamantins, on voit plusieurs lapins pas farouches pour un sou! Mini se fait un plaisir de leur courir après! Au moins on a pris l’air, et c’était instructif. Vous saviez que la structure des nageoires avant des lamantins est la même que celle de nos mains? bah voilà, maintenant vous savez! Et si vous ne me croyez pas, voilà le panneau :

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Il est temps de rentrer dans notre cloaque, et de se faire une boîte de beans! Mini a de la chance, je lui ai emmené ses petits pots, lui mange normalement. Heureusement, on a notre riesling, et un paquet de chips cape cod! Miam!

J +1 pas d’impact!

Première réaction du réveil, allumer la TV, regarder les news! Eh bien il ne s’est rien passé! En tout cas sur Miami. Plus haut c’est autre chose, mais Matthew reste au large pour l’instant, ça limite les dégâts.

En fait, on savait déjà que sur Miami, la vie avait repris son cours normal la veille, mais au cas où…

Puisque tout va bien, on se prévoit une deuxième journée tourisme avant de rentrer remettre l’appart dans un état normal. On est descendus trop tard pour le petit déjeuner, heureusement, il nous restait des croissants, du thé, du café, et des biscuits.

Partiellement rassasiés (enfin les hommes ça allait, mais moi je rêvais d’une plâtrée de blueberry pancakes!), nous voilà en route pour…

Sanibel et Captiva!!

Ambiance vacances garantie! On descend par McGregor Boulevard, sur lequel on voit à nouveau de belles maisons. De petites impasses mènent à la mer, il doit être bien sympa à vivre ce quartier! On se sent comme dans une banlieue sympa de série ou film, c’est top!

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photo prise la veille au coucher du soleil

On a peu de temps, il faudra rentrer à l’hôtel chercher les affaires (et Pilou!) et faire en sorte de rentrer à une heure décente. On sait qu’on n’aura qu’un avant-goût de ces 2 îles, mais c’est déjà ça.

L’accès aux îles se fait par un pont payant ($6 quand même…). En fait deux ponts : on traverse une petite île à la moitié. La vue du pont est très sympa, mais la météo n’est pas avec nous (oui je sais c’est évident, mais c’est quand même pas cool).

Arrivés sur Sanibel, on file direct à gauche vers le phare et le pier. Le long de la route, des petites maisons, de petits immeubles, et quelques cafés et commerces. A la pointe de l’île, un parking et l’accès à la plage. Le parking n’est pas donné : $4/heure… On va profiter de l’heure jusqu’au bout mais s’assurer d’être dans la voiture à la 59ème minute!

La plage n’est peut-être pas la plus paradisiaque de l’île à cause de la vue sur les immeubles de la côte, mais c’est quand même sympa. Le phare est original : c’est une tour en métal. Ca change de nos phares bretons. Les pélicans se sont donné rendez-vous à quelques mètres de la plage, Senior ne tient plus en place! Il me laisse le sac à dos photo, et part avec le téléobjectif vissé et prêt à shooter!  Les touristes ramassent les coquillages par dizaines en se baladant sur la plage. Je ne leur trouve rien de particulier, mais si ça les amuse! Petit bémol : on trouve plusieurs poissons morts ramenés par les vagues. Ce sont les victimes de la « marée rouge » : tous les ans, une algue rouge se développe en quantités affolantes à cause de la pollution et détruit toute vie pendant quelques jours. L’air devient irrespirable (littéralement), la baignade dangereuse, les coquillages et poissons toxiques. C’est un peu comme notre algue verte en Bretagne, sauf que l’algue rouge ne s’installe pas. Elle revient régulièrement.

On va jusqu’à la pointe, et on revient par un chemin dans la mangrove, jusqu’au parking. Il est temps de trouver un endroit pour manger! On a repéré quelques cafés un peu avant le parking, dont deux sont dans le routard. En route donc pour le Lighthouse Café!

Dépaysement et déconnexion A-SSU-RES ! C’est un tout petit café, dans une petite bicoque flanquée de deux magasins de souvenirs fouillis et juste assez kitchs pour être mignons. Les murs sont couverts de photos de phares du monde entier. Senior nous choisit une table sous les phares bretons, forcément! Les serveuses sont adorables, et la carte est sympa. j’en profite pour placer qu’ils servent le petit dej jusqu’à 15h… Senior me disait en partant de l’hôtel que je ne trouverais aucun café qui serve le petit dej après 10h. Les jus de fruits sont fraîchement pressés, et le pamplemousse est excellent, sucré juste comme il faut. On se lance sur une « seafood salad » : crevettes, pétoncles, crabe, crudités et pain à l’ail. Le pain à l’ail est partiellement piraté par le môme, comme d’habitude (il est pas né à Marseille pour rien celui-là!). Et en dessert, bien sur, une petite key lime pie maison! et cette fois, j’ai pris une photo… du lieu du carnage… de l’assiette vide quoi… Vous voyez, je fais des progrès! La prochaine fois j’y penserai à la moitié!

Bien rassasiés (tous les 3 cette fois), nous partons vers le J. N. « Ding » Darling Wildlife Refuge (oui tout ça). C’est une mini réserve où l’on peut observer tous les animaux de la région. On peut en faire une partie en tram, en vélo ou en voiture, et le reste à pied. Pour aujourd’hui, ce sera à pied, le centre d’informations est fermé pour Columbus Day.

On commence par traverser la mangrove sur un ponton, puis, on arrive sur une piste assez large pour se croiser en voiture, donc moins jolie, mais qui mène à un autre ponton, cette fois au-dessus de l’eau, et à un kiosque à étage pour observer les oiseaux. Et là, voilà, le mot est dit : « oiseaux ». Dix minutes de marche, 30 minutes sur place. Déballage du trépied, téléobjectif, la totale. Mini va avoir le temps de se dégourdir les pattes! Un panneau annonce des alligators, mais apparemment c’est l’heure de la sieste. Par contre, les oiseaux sont bien là, et même une petite tortue qui nage tranquillement au pied du ponton. Particularité de ce ponton : une chose que je n’avais encore jamais vue et qui peut surprendre au premier abord. Des crottes. En fait des reproductions de crottes, tout le long de la promenade. Le but est de vous permettre de voir de très près les différentes crottes qu’on peut trouver pour reconnaître l’animal auquel elles appartiennent… On se retrouve dans une situation peu banale : le quizz de crottes!

Il commence à se faire tard, et malheureusement il faut écourter la balade. Surtout qu’on veut jeter un oeil à Captiva avant de rentrer. Cette fois, la balade se fait à 100% en voiture, par manque de temps. Mais vivement la prochaine fois pour prendre le temps de refaire le chemin en vélo ou à pied.

Captiva est la deuxième île, à laquelle on accède en traversant d’abord Sanibel. Elle est plus courte, et plus étroite. On y trouve moins de commerces, les villas sont plus imposantes et s’alignent de chaque côté de l’unique route, donnant toutes sur la mer. on y trouve quelques complexes hôteliers très bien intégrés au paysage : 3, 4 étages maximum, des cottages en bord de plage… On a d’ailleurs repéré un petit cottage pour les longs weekends au Tween Waters Inn. Sur la route, on croise des tortues qui se baladent sur la piste cyclable, à nouveau des boîtes aux lettres décorées (couvertes de coquillages, en forme de pêcheur, de bateau, d’Arche de Noé!). Au bout de l’île, un petit village coloré très « Caraïbes »nous attend. Mais le temps presse, nous faisons demi-tour sur un parking en bord de plage, il reste plus d’une heure de route jusqu’à l’hôtel, et 2h30 pour rentrer à Miami.

Retour au bercail

La route est longue et sans intérêt. A l’arrivée, pas un signe du passage de Matthew, pas une feuille morte, pas une branche au sol. Il ne s’est rien passé. Pourtant, notre appartement est vide, il faut tout sortir des placards, des salles de bains, et tout remettre en place. On a l’impression d’emménager à nouveau. Cela nous prendra quasiment toute la journée du lendemain.

Matthew nous aura donné une raison de faire un peu de tourisme sur cette Gulf Coast si sauvage et si paisible. Un avant-goût qui ne nous laisse qu’une envie, y retourner de façon plus détendue, sur un long weekend, pour prendre le temps de profiter.

La saison des ouragans n’est pas terminée, elle court du 1er juin au 30 novembre. On espère que Matthew était le premier et le dernier de cette saison à nous frôler d’aussi près. Son demi-tour pour un nouveau passage tant redouté n’a finalement pas eu lieu, mais il laisse des dégâts, de gros dégâts, et des victimes. C’était l’occasion de tester notre check-list, de voir qu’il vaut mieux s’y prendre tôt, en particulier pour les hôtels et les courses, et de constater qu’un ouragan ne fait pas ce qui est prévu, surtout près des côtes.

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9 réflexions sur “Outside Hurricane Matthew

  1. Ha oui!!!! Une bonne plaquette de chocolat 😉 Effectivement nous n’avons pas du tout vécu la même chose!! Je suis restée au boulot sur Hollywood jusqu’à midi le jeudi et à 22h je suis revenue sur place pour faire un « etat des lieux »!! Par contre la côte Ouest semble vraiment vraiment à visiter… Ça à l’air trop bien!!

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  2. Quel périple !!!
    Du coup, de notre côté … coinçés ici avec le boulot. On a sécurisé en cas d’inondations, et pris une journée de repos forçée, et aussi récupérer du sommeil en retard. Jeudi a été une longue journée TV avec les enfants, à surveiller par la fenêtre. 😕

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